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Contribution : Contre l’accaparement de terres de KORASSE

Posté par: Babacar diouf| Lundi 26 mars, 2018 12:03  | Consulté 242 fois  |  0 Réactions  |   

La savane boisée appelée « Korassé » est une zone de pâturage d’environ 15 km² située dans la Commune rurale de Kandia, département de Vélingara (région de Kolda), Sous-préfecture de Saré Coli Sallé. Elle est limitée au nord par les villages de Kael-Bessel, Témento Faramba, Sare Samba Netty et Pila-Pithian (Kédougou Dickory sur la carte), à l’ouest et au sud par la ligne limitant l’espace géographique de la commune de Kandia, à l’est par les villages de Mountoumba et Saré Mankoto. Cet espace, vital pour les populations de 14 villages ainsi que celles de la commune de Vélingara (qui compte à elle seule environ 25 000 habitants) et son cheptel, se retrouve aujourd’hui menacé de disparition par une entreprise familiale dénommée EPI (Entreprise pour la production industrielle). 2 EPI L’entreprise pour la production industrielle (EPI) est une structure familiale dirigée par un banquier de profession, originaire de Vélingara. Cette entreprise a sollicité et obtenu, par délibération du conseil communal de Kandia, un terrain de 100 ha (1 km²) pour y développer une ferme agricole à vocation horticole. L’approbation de l’autorité administrative n’est pas encore confirmée semble-t-il. Cependant les populations des 14 villages impactés par le projet EPI opposent un refus catégorique à toute activité agro-industrielle dans cet espace très limité qui leur sert de pâturage, de ramassage de bois morts et autres activités pour la survie des riverains et de leur cheptel. Effets néfastes d’une ferme agro-industrielle Le refus des populations est motivé, entre autres, par l’étroitesse de Korassé (environ 15 km²). Avec l’accroissement de la démographie, il s’agirait plutôt d’initier une gestion intelligente des surfaces cultivables avec les autochtones au lieu de rogner le site pour satisfaire des hommes d’affaire dont le seul but est le profit. Près de 20 000 bovins en plus des ovins et caprins paissent et s’abreuvent dans cette savane boisée durant la saison humide. Pendant la saison sèche, l’approvisionnement en eau du bétail est assuré par les puits dans les villages. Aussi, la réalisation de ferme agricole, grande consommatrice d’eau en général, entrainera-t-elle une pression hydrique qui conduira sans nul doute à un déficit des eaux de surface et à l’assèchement de la nappe phréatique. Cette situation aura pour conséquence le tarissement des puits des villages riverains. Par ailleurs, l’utilisation de pesticides et des engrais impacte de façon très négative la nature (sols, eaux et air). Les pesticides, notamment, anéantiront l’existence des insectes mettant ainsi en péril le développement des végétaux. Ces bêtes sont, en effet, les pollinisateurs essentiels permettant de maintenir l’équilibre de l’écosystème. Leur absence conduira inéluctablement à la disparition de la végétation dans ce site. Les pesticides sont également des matières pollueuses des eaux de surface et de l’air. Les nitrates contenus dans les engrais s’infiltrent dans les sols grâce aux eaux des pluies causant ainsi, à long terme, la toxicité de la nappe phréatique qui alimente les puits des villages. Ce phénomène mènera à un problème de santé publique car ces puits sont les seules sources d’eau « potable » pour les populations. Des chercheurs de pays développés ont démontré, il y a quelques années déjà, que les inondations sont aussi dues à une mauvaise pratique agricole. En effet, les engins qui labourent la terre terrassent les arbres et détruisent les micro-organismes qui jouent un rôle important dans la porosité des sols. Ceci conduit à un ruissellement plus intense des eaux de pluie qui vont s’accumuler alors au niveau des habitats où il y a souvent des infrastructures bloquant l’écoulement. Ce fléau pourrait entrainer la disparition de villages entiers. 3 En conclusion, les faits sommairement évoqués ci-dessus montrent, de façon assez convaincante, que le projet EPI ne présente que des inconvénients pour l’environnement et les populations. La pratique de l’élevage, qui est culturelle dans cette zone, ne pourra nullement cohabiter pacifiquement avec une activité agro-industrielle. Il y aura des conflits entre paysans éleveurs et les/ou le promoteur du projet. Pour toutes ces raisons, les populations des 14 villages riverains exigent l’annulation de la délibération octroyant 100 ha à ce projet destructeur qui ne profitera qu’à une seule famille au détriment de plus de 30 000 âmes (commune de Vélingara plus les villages avoisinants) et du cheptel de la commune rurale de Kandia. Dakar le, 23 Mars 2018

 L'auteur  babacar diouf
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Mots Clés: Contribution, Vélingara, Kandia,
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babacar diouf
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